Conférence sur le WEB : méthodes et savoirs interdisciplinaires

Dans le cadre d’une journée d’étude et de recherche sur le WEB au Centre Condorcet du domaine universitaire de Talence, l’Essaim a dépêché deux de ses membres pour mettre en valeur les derniers travaux sur la question.

Croiser les compétences, voila l’ordre du jour puisque des chercheurs de tous horizons ont eu à cœur de nous exposer les diverses thématiques auxquelles ils se sont intéressé. Évaluation des sites, théorie des hyperliens, lois infométriques du WEB, analyse des traces de navigation….

Pour vous, nous avons choisi de faire la synthèse de thèmes aux perspectives brillantes.

A la découverte du Webometrics… Par Xavier Davias

Isidro Aguillo du Cybermetrics Lab / CCHS nous a présenté son étude Webometrics Indicators of the CNRS. Il s’agit d’une nouvelle discipline qui reprend des concepts de base mais en combinant les informations dites « classique ». Cette étude se consacre avant tout à la visibilité des institutions sur la Toile. Il a utilisé le cas du CNRS pour appliquer cette méthodologie des plus innovantes. La cyberscientometrics, ou plus simplement la webometrics, se concentre sur trois critères principaux qui se trouvent être l’activité, la visibilité et l’usage. L’analyse des liens permet de considérer les internautes dans une dimension relationnelle globale, tous secteurs et tous pays confondus. Son étude prend appui avant tout sur la visibilité des liens et l’analyse du réseau.

C’est de cette manière qu’il a pu, par une approche quantitative, établir une cartographie du référencement et de la visibilité sur le WEB. Son étude préliminaire a clairement montré l’absence de présence d’institutions française dans la performance du référencement à une échelle mondiale. C’est alors qu’il s’est penché plus précisément sur le cas du CNRS. Cet exemple, d’une institution scientifique française aux multiples sous domaines, montre qu’il manque une cohérence et une visibilité pour tous les acteurs de cette entité. La multiplicité des parties prenantes est un problème tant qu’elle reste mal gérée en termes de référencement. Cet état de fait est le reflet d’un manque de stratégie dans le référencement global. L’adoption d’une politique d’unification sur la Toile serait alors garante d’une meilleure visibilité à l’échelle mondiale.

Isidro Aguillo soutient la performance des indicateurs  classiques, mais combinés, pour analyser et visualiser la présence des institutions sur le WEB.

Ses recommandations pour le cas du CNRS seraient d’adopter une politique de nomination web unique et centralisée, et une unité dans la conception des pages WEB de tous les acteurs du CNRS.

Last but not least… Une version anglaise du site est indispensable pour une lecture mondiale et donc une visibilité démesurée.

Qui veut une maman électronique ? Par Sébastien Kadjati

« Et si on allait au cinéma ce soir ? » Non, non, ce n’est pas une invitation de ma part, mais la façon dont Anne Boyer (Professeur des Universités, LORIA – Nancy) commence sa démonstration.

Une belle entrée en matière pour un thème intéressant :

« D’une analyse des traces de navigation à une recommandation personnalisée de pages ».

Voici les faits :

Les traces de navigation des internautes sont une source d’informations riches pour personnaliser la prédiction de sites ou de pages web en fonction de l’historique de consultations. Pour cette étude, la chercheuse exploite des techniques statistiques ou issues du datamining. Un cocktail sur vitaminé pour ce travail très pointu.

Mais alors, quel rapport entre la question introductive et le paragraphe précédent me direz-vous ?

Réponse : pour le professeur, le choix d’un film au cinéma et la navigation sur Internet sont soumis aux mêmes critères de sélection :

–              la popularité

–              la confiance (valeurs sûres)

–              l’expert (l’avis d’un expert dans le domaine)

–              le web social 2.0

Pour autant, ces paramètres ne renvoient pas à du particulier, mais à du général et du subjectif.

Pour pallier cela, Anne Boyer propose de créer une « mère électronique », une interface capable de nous connaître suffisamment pour pouvoir nous aiguiller rapidement vers le choix le plus en accord avec notre personnalité. Il s’agit de mettre en place un moteur de recherche capable d’émettre des recommandations assez personnelles sans pour autant porter atteinte à la vie privée de chacun, un véritable web implicite.

Aujourd’hui, lorsque deux internautes entrent les mêmes mots clés dans un moteur de recherche, il en ressort les mêmes résultats et les mêmes pages. Demain en suivant cette idée, ces deux mêmes internautes obtiendront des résultats en lien direct avec leur propre back ground !

Les enjeux de cette étude tournent principalement autour de trois questions majeures :

–              Quelle cible pour mes ressources ?

–              Quel est le profil navigationnel d’un utilisateur ?

–              Quels sont les utilisateurs similaires à une ressource ? (Comment créer des communautés ?)

Pour traiter ces problèmes, Anne Boyer a mis en place des protocoles arithmétiques, basés sur une approche stratégique, sur une méthode et sur des hypothèses.

1)            La stratégie se fonde sur l’interaction entre les ressources et l’utilisateur, et possède comme finalité la classification des usages.

2)            La méthode est de rassembler des données, de trouver des modèles d’utilisateurs et de traiter ainsi que d’exploiter les données pour répondre enfin aux problèmes.

3)            Les hypothèses posées par la chercheuse sont :

–              On ne connaît rien sur les ressources manipulées.

–              Il n’existe pas de modèle d’utilisateurs à priori.

–              Seuls les identifiants des ressources permettent de localiser les ressources manipulées.

Pour extraire les données de l’étude, il est nécessaire de trouver, préalablement, des sources d’informations pratique et déjà faites, car, comme le souligne la chercheuse, il est très compliqué de définir la nature exacte de toutes les ressources postées sur le web. En effet, chaque jour il arrive autant de nouvelles données sur Internet que la totalité du contenu de la toile en 2000.

Le paradoxe de l’étude se situe ici, beaucoup d’informations mais peu de données.

Ma maman électronique se noie dans un verre d’eau.

Anne Boyer termine sa conférence en infirmant son invitation au cinéma au profit d’une visite des caves à vin de Bordeaux.

Et vous, que faites vous ce soir ?

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