L’Essain à la Chaire des Civilisations Numériques!

Voici le compte rendu de la 1ere Chaire des Civilisations numériques du 4 Décembre 2009 à Bordeaux par l’Aquitaine Europe Communication (AEC). La conférence/débat s’est déroulé à la DRAC à 17h30; le thème du débat : « Numérisation de l’économie et économie numérique : entre destruction et création de valeurs ».

En présence de deux « visionnaires » de l’économie numérique Philippe Lemoine et Stéphane Hugon, celle-ci avait pour objectif de décrypter le double mouvement induit par le numérique dans le développement économique : L’évolution de la filière des TIC et du numérique d’une part, et La numérisation de l’économie de l’autre.


Intervenants débateurs :

Alain Ricros : président du Conseil de Surveillance d’I2S.

Georges Viala : président de l’Institut des Deux Rives et président de la Banque Alimentaire de gironde.

Frédéric Vilocq : conseiller régional aquitain délégué à la culture et à l’économie créative.

Le débat s’est donc ouvert sur 3 questions :

– Qu’est ce qu’il se fait dans l’économie numérique ?

– Comment le numérique impacte sur les filières économiques ?

– Sommes nous déjà obsolète ? Quelles sont les innovations de demain ?

Dans un 1er temps, voici les grandes idées mises en exergue lors du discours de M. Lemoine:

I) Son constat :

Les évolutions observées

La triangulation de la crise des TIC : on observe une triple crise liée à l’introduction et aux enjeux des TIC.

  1. Une crise de la valeur : avec la mise en avant des actifs immatériels (images, valeurs intangibles) au détriment des produits.
  2. Une crise du rôle des personnes : avec l’augmentation des échanges interactifs au détriment des canaux classiques de communication et diffusion.
  3. Une crise du périmètre de l’entreprise : avec la multiplication des réseaux et des sous traitants d’une part et la fin de la sectorisation en faveur de la singularité de l’autre.

Ainsi, les TIC obligent les entreprises à revoir leur organisation interne mais aussi externe en intégrant de nouveaux partenaires et de nouveaux canaux de communication. Elles doivent aussi repenser leurs stratégies marketing en privilégiant les actifs immatériels et certaines externalités longtemps apparues comme secondaire (design, positionnement singulier).

La fin de l’utopie égalitaire et la réalité de la fracture numérique : si il existe une certaine utopie concrète (le Peer to Peer et l’accès égalitaire aux partage de technologies), elle reste néanmoins moins observée que la fracture numérique intergénérationnelle mais aussi riche/pauvre. En plus de souligner les difficultés que rencontrent les plus de 50ans, apparaît une autre fracture liée à la consommation secondaire. Les plus pauvres, et c’est légitime, veulent aussi un téléphone portable, un ordinateur…De ce fait, le consumérisme prend le dessus sur les besoins primaires.

Les problèmes

Certaines inquiétudes sont apparues avec l’introduction et la pérennisation des TIC :

Le problème de la vie privée et des droits individuels de l’internaute est mis en avant avec la multiplication des plateformes sociales et la vente des données personnelles. En réponse à ces craintes, plusieurs grosses boites comme Apple ou Google ont appelé à l’homogénéisation des droits des utilisateurs dans le monde mais font face à des difficultés dues aux différences de tolérance d’un pays à l’autre.

Les craintes concernant l’impact des technologies sur l’environnement écologique tentent d’être peu à peu effacées par le concept d’économie solidaire. Que ce soit pour le développement durable plus communément appelé « green » ou la solidarité, de plus en plus de technologies sont mise à la disposition de ces causes.

La question de la création artistique et des droits d’auteurs liée à la disparition de l’art est une réelle inquiétude dans le milieu artistique. A cela, M. Lemoine répond « il existe effectivement du piratage sur le Web mais les supports les plus concernés restent les séries TV et les films pornographiques. Si il y’a disparition de l’art, alors cela sera surtout due à l’usure du produit et son manque de renouvellement ». La remise en question doit davantage se faire du coté des Majors.

II) Ses prévisions :

la communication inter objets va se généraliser : les objets vont être de plus en plus interconnectés, ils vont « parler » entre eux, interagir et proposer de nouvelles fonctionnalités en se couplant. Ex : le partenariat entre les chaussures de course Nike et certaines fonctionnalités de l’Ipod de Apple.

La profusion des nano et biotechnologies : les technologies sont de plus en plus petites passant de 10-6 à 10-9 et permettant de ce fait de réaliser des outils numériques toujours plus compacts et performants (Iphone, Netbooks).

Une toile Web de plus en plus large : Bientôt la version 6 d’Internet (IP6) regroupera près de 350 milliards de milliards de milliards d’adresses.

Enfin, le point de vue du sociologue M. Hugon, est fort intéressant car il s’axe davantage sur l’impact sociologique des TIC et l’imaginaire associé.

Avec l’introduction des TIC dans le quotidien sociétal est apparu plusieurs signes précurseurs d’une transformation des valeurs :

– La fin des experts au profit des forums et de l’interactivité intra communautaire.

– La perte de la légitimité des lois et déni du pouvoir car la toile a très peu de limite et permet à tous les internautes de devenir acteur.

– Le doute de la vérité de la part des internautes qui sont de plus en plus septiques vis à vis de la qualité et de l’authenticité des informations diffusées.

– Le déracinement, la perte d’identité et d’appartenance.

Le 1er bilan de ces observations laissent à penser que les TIC entrainent l’ennui, la « désimplication » ainsi que la nostalgie communautaire. Cela serait du au One to One (singularité), produisant rapidement de l‘ennui. De plus, les technologies détruiraient les vraies relations amicales et familiales, entrainant de ce fait la solitude.

MAIS

Un second bilan plus positif mais en avant un certain « ré-enchantement » basé sur le relationnel (rencontre entre les gens, participation, néo-tribalisme, partage de conseil, expériences et expertises…). Cela entraine la création de  communauté contemporaine ou la ritualisation et le re-investissement du localisme (terroirs, bio, découpage territoriale) en sont les 1ers signes. D’ou, la montée en puissance des réseaux sociaux afin de combler une angoisse et une peur d’appartenance.

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